Analyse | Une belle démonstration de caractère du Rocket face à Rochester
En début de troisième période, avant que Florian Xhekaj ne redonne les devants au Rocket de Laval à l’aide d’une superbe manœuvre du revers, les hommes de Pascal Vincent n’avaient cadré qu’un seul lancer en l’espace de 16 minutes de jeu. Ils avaient vu les Americans de Rochester prendre le contrôle du jeu au deuxième tiers et finalement venir à bout du gardien Cayden Primeau moins de trois minutes après le début de la troisième. Mais sur le banc du Rocket, ça respirait le calme et le contrôle. L’entraîneur-chef a été rassuré par les signaux qu’il recevait de sa jeune équipe, de sorte qu’il n’a pas été surpris outre mesure de la voir répliquer deux minutes après que Rochester eut fait 1-1. Xhekaj y est d’abord allé de sa belle manœuvre, puis le vétéran Laurent Dauphin a complété une belle pièce de jeu du défenseur William Trudeau une minute plus tard pour augmenter l’avance du Rocket. C’est de cette façon que le club-école a fait plier les genoux aux Americans et qu’il l’a emporté 4-1 dans le troisième match de la finale de la division Nord, mercredi soir à la Place Bell. Le Rocket, qui a vu chacun de ses trios marquer un but, aura maintenant l’occasion d’éliminer les Americans, vendredi, et de passer en finale d’Association. Prenons quelques secondes pour nous attarder sur le cas du vétéran de 30 ans, surtout qu’il est l’un de ces joueurs qui a contribué à garder le banc du Rocket calme quand ça s’est mis à chauffer. Dauphin en est à un deuxième séjour à Laval après un arrêt en Suisse la saison dernière et il a accepté mardi un nouveau contrat de deux ans avec le Rocket, un contrat à sens unique de la Ligue américaine. Avec une telle entente, il ne peut pas être rappelé par le Canadien. Il faut avoir une auto-évaluation lucide de son jeu et comprendre où l’on en est dans sa carrière pour renoncer à courir après le rêve d’un rappel dans la LNH. Mais après dix ans chez les pros, Dauphin a accepté que son premier contrat de plus d’un an en soit un de la Ligue américaine. Dauphin a inscrit mercredi son cinquième but des séries éliminatoires et il est présentement le premier marqueur du Rocket en séries. Que l’organisation du Canadien puisse compter sur un joueur aussi important et aussi polyvalent au sein de son club-école sans qu’il utilise l’un de ses 50 contrats pour l’employer est un luxe que n’ont pas toutes les équipes de la Ligue américaine. Trouver de bons vétérans qui ont envie d’être là, ce n’est pas une situation que le Rocket a toujours eu au fil de sa jeune histoire… Malgré son manque d’expérience, le Rocket a évité le piège depuis le début des séries de jouer sur les talons par crainte de faire des erreurs. C’est ainsi que, sans pour autant ignorer leurs missions défensives, les arrières de l’équipe ont continué d’appuyer l’attaque quand l’occasion s’est présentée. On l’a vu dès les premières secondes du match quand un tir de David Reinbacher a été redirigé par Luke Tuch derrière le gardien Devon Levi. Et en troisième, c’est en se présentant en deuxième vague de l’attaque que Trudeau a ouvert le jeu et la porte au but de Dauphin. Ça prend une équipe confiante pour continuer de jouer de la sorte en dépit de la pression et de ce qui est à l’enjeu. Il faut dire que depuis le début de la saison, Vincent a beaucoup encouragé ses joueurs à identifier les moments dans un match où ils peuvent faire mal à l’adversaire. Mercredi, lorsque Xhekaj a redonné les devants 2-1 au Rocket, l’occasion était là. Il fallait la reconnaître et il fallait la saisir. Y aller pour la jugulaire. C’est une excellente qualité à avoir, et le fait que le Rocket arrive à nourrir ce trait en dépit de sa jeunesse est un signe extrêmement encourageant pour l’organisation du Canadien. Le vétéran Tyler Wotherspoon a roulé sa bosse dans la Ligue américaine et, à l’instar de Dauphin, il évolue avec la Rocket sur la base d’un contrat à sens unique de la Ligue américaine. C’est le doyen à la ligne bleue du Rocket, un type qui joue 20 minutes par match, et le genre de vétéran que le Rocket a pu attirer à Laval grâce à la bonne réputation que l’équipe a acquis dans les dernières années. Car le mot s’est passé à travers la Ligue américaine par rapport à la qualité du programme du Rocket et de ses infrastructures. Mais mercredi soir, Wotherspoon s’est blessé en première période et il n’est pas revenu au jeu par la suite. L’équipe a dû jouer les 40 dernières minutes à cinq défenseurs. Quatre d’entre eux ont 22 ans ou moins. D’avoir été en mesure dans ce match d’épauler le gardien Primeau, de garder les Americans à l’extérieur de l’enclave la plupart du temps et de contribuer offensivement est une étoile dans le cahier de cette jeune brigade défensive. Décidément, il n’y a pas qu’à Montréal où il s’est joué des matchs significatifs cette année. À Laval aussi.C’était un gros moment pour nous de rebondir dès qu’ils ont marqué leur premier but, a convenu Dauphin. Ça démontre le caractère qu’on a depuis le début de l’année.
Dans son cas, ça élimine un paquet d’incertitudes, a mentionné Vincent. Est-ce que je vais être rappelé? Pourquoi untel est rappelé et pas moi? Pourtant je performe…
Dans sa tête, c’est complètement éliminé. Dans sa tête, c’est clair qu’il n’aura pas de rappel dans la Ligue nationale et son focus est ici.
Je me dis toujours que si jamais ils ont besoin de moi en haut et qu’ils veulent changer mon contrat, ça prend dix minutes, on imprime le papier et on le fait, a quand même dit Dauphin. Ce n’est pas nécessairement que j’enlève cette possibilité-là, c’était juste d’assurer de la stabilité pour ma famille et moi, d’être heureux ici et de continuer de l’être
Y aller pour la jugulaire
On vient de marquer, l’équipe adverse se pose des questions, ils savent qu’ils doivent ouvrir la machine, et on revient et on continue de leur mettre de la pression
, a décrit Vincent.L'ensemble des 20 joueurs fait la personnalité d’une équipe, et notre personnalité est celle d’une équipe agressive, avec comme sans la rondelle, en échec avant ou au moment de bloquer des tirs. On a une personnalité agressive. Il y a des moments où l’on doit faire mal à l’adversaire… et on le fait
De jeunes défenseurs mis à l'épreuve
Lorsque tout sera fini et qu’on fera un debrief de notre saison et des séries, on va essayer d’identifier les moments qui ont eu un impact pour nos jeunes joueurs, et comment on va évaluer nos joueurs. C’est probablement un moment important
, a convenu Vincent.On perd notre plus vieux et les Mailloux, Reinbacher, Engstrom et même Trudeau, qui n’est pas si vieux, sont obligés de prendre la relève dans un match important. On savait qu’on devait gagner ce match-là. Ça a été des moments importants pour ces jeunes-là, surtout pour Reinbacher qui n’a pas beaucoup joué cette année
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